...j'ai envie de vous parler d'amour. Pas juste du blabla, non, j'ai envie de partager mes réflexions personnelles.

Nous sommes tous à déplorer, à dénoncer les actes de terreur qui avilissent notre monde et font trembler notre quiétude. Mais combien de discours haineux face à la haine, combien de solutions radicales qui augmentent le nombre de bombes et de vies humaines ravagées?

Alors oui, aujourd'hui j'ai envie de vous parler d'amour. "Aime toi et tu pourras aimer et être aimé". Il ne s'agit pas de s'aimer dans une forme de narcissisme, ni d'égocentrisme ni d'égoïsme, mais de s'aimer soi, tel que l'on est, avec ses imperfections, ses qualités, ce que l'on sait et ce que l'on ne sait pas ou pas encore.

Avez vous déjà observé un petit enfant? Le petit enfant, si vulnérable, que l'on décrit volontiers comme innocent, pur, et pour cause! Il n'est pas encore imprégné ni perverti par nos "valeurs" sociétales, et constitue donc un merveilleux exemple, une merveilleuse occasion d'apprendre.

 

Nous le voyons toujours comme vierge: vierge de tout savoir, vierge d'expérience , alors nous nous faisons une mission de le remplir, de le conditionner avec une volonté farouche sans jamais prendre le temps de l'observer pour ce qu'il pourrait nous apprendre. Parce que nous considérons ce petit être uniquement sous l'angle de ses incapacités, lui qui ne sait ni lire, ni écrire, ni parler, ni marche, comment pourrait on se douter que lui, seulement apte à vouloir se nourrir, être propre et jouer pourrait nous enseigner un principe fondamental de la Vie qui apaiserait pourtant bien de nos quêtes?

Observez et voyez comme le petit enfant est toujours heureux de se lever le matin, comme il gazouille dans son lit heureux de cette journée qui commence et des découvertes qui l'attendent. Le petit enfant ne se projette pas, il VIT l'instant qui se présente à lui. Il n'est pas déçu par qu'il n'est pas dans une attente à combler, nous pourrons dire qu'il s'accomode mais le mot ne me semble pas exact. Il s'en fiche que nous ayons une réunion dans 2h et une pile de dossier qui nosu attend. Lui il est heureux de vivre, de sentir au fond de lui qu'i, a toute une journée qu'il va pouvoir goûter, explorer, saisir pour apprendre des choses fabuleuses.

Et si nous abordions chaque journée comme un petit enfant, en étant heureux de cette nouvelle journée qui s'annonce peu importe ce qui est prévu?! Parce que le prévu est parfois plein d'imprévus heureux, des surprises! Parfois nous vivons tellement focalisés sur notre planning qu'on en oublie de rester ouvert à tout ce qui peut arriver. Je pense que c'est peut être une des raisons qui rend aveugle à la beauté du monde comme à la misère. C'est le nez dans le guidon qu'on ne voit pas celui que l'on pourrait aider, qu'on passe à côté de celui qui pourrait nous éclairer, de celui avec qui on a pourtant tant à partager.

 

Voyez comme il vous accueille quand vous franchissez la porte de sa chambre et qu'il vous aperçoit! Sa joie est souvent débordante, il éclate de joie en petits cris, s'agite, éclate de rire. Jamais il ne se demande ce que vous allez penser de sa manifestation, il est heureux et il vous le communique sans complexe. Combien de nous adultes, sommes toujours inquiets du regard des autres, de ce que nos manifestations de joie nous vaudraient comme jugements?

Voyez comme le tout petit fait bien peu de cas de votre tenue vestimentaire. Quelque soit le prix de votre tenue, il vous aime et il vous aime en grand sans chichis ni faux semblants. Il ne vous aimera pas plus parce que vous portez le dernier tailleur Chanel ni moins parce qu'aujourdhui vous n'êtes pas coiffée ni maquillée.  Pour lui tout ce qui compte c'est vous et rien que vous, quelque soit l'enveloppe que vous avez tirée de votre placard ou de votre boîte à bijoux. Et nous que faisons nous? Nous voulons toujours préserver nos costumes qui permettent de raconter de nous une histoire, un statut. L'enfant, lui, sait qu'il est vain de se cacher sous des étoffes, que seul compte qui l'on est avec lui. Et si nous commencions à regarder ceux qui nous entourent par leurs valeurs de coeur et non par la valeur de leur apparence?

Avez vous remarqué que le'petit enfant vous autorise à vous tromper, à pouvoir recommencer, le droit de ne pas savoir. C'est extraordinaire cette faculté qu'il a en lui de ne pas nous en tenir rigueur! Tout comme cette faculté innée de nous mettre sur la bonne voie quand nous ne savons pas et que nous sommes désemparés., et tout ça sans vanité aucune, sans même chercher à s'enorgueillir, et sans rancune... Qu'est ce qui aujourd'hui nous empêcherait de continuer à agir ainsi envers chacun?

Avez vous remarqué comme l'enfant ne perd jamais de vue le but qu'il s'est fixé? Et comme il apprend de ses erreurs de parcours? Par les coups et les bosses qu'il subit quand il se confronte au mobilier lors de ses premiers déplacements, il appréhende l'espace, mais aussi ses limites. Jamais il ne se décourage, il continue toujours. On dit qu'avant de savoir marcher un enfant tombe 2000 fois, supposant qu'il s'est relevé autant de fois jusqu'à maitriser enfin la marche! Nous devrions en retenir trois leçons essentielles: la première est de ne pas céder au découragement source de paresse; la deuxième leçon est que l'épreuve peut être effectivement douloureuse mais elle est toujours une source d'apprentissage qui nous servira forcément; quant à la troisième leçon,  il s'agit de retenir qu'il serait bien vain de vouloir courir avant de savoir marcher et qu'avant cela nous devons bien surmonter les difficultés.

 

La liste est non exhaustive mais elle suffit tout de même pour se poser une question: si nous avons été capables un jour, spontanément, sans aucune forme d'apprentissage préalable, qu'est ce qui nous a mené ainsi dans ces spirales infernales où vanité, orgeuil, envie et jalousie sont cultivés outrageusement? Quand on observe un petit enfant on peut voir comme tous ces défauts ne se révèlent pas d'emblée. Sommeillent ils et seraient ils ravivés par une éducation, un mode sociétal ou que sais je? Et si oui, que penser de toute cette haine qui se déverse dans nos actualités, nos conversations d'adultes, nos commentaires à portée des oreilles de nos enfants? 

L'orgueil, l'envie, la jalousie et la vanité ne sont que le lit de la Haine et de la Peur vous ne croyez pas? 

Avez vous ressenti un jour, ne serait ce qu'une fois un soulagement d'avoir cédé à ce genre de sentiment?

De mon expérience personnelle,  à chaque fois que la jalousie m'a envahie, j'ai constaté que rien ne pouvait l'apaiser, chaque parole de réassurance m'angoissait davantage et je finissais très malheureuse avec un sentiment de moche et de solitude. Il en a été de même pour l'orgueil, l'envie et la vanité. Pas vous?

Quant à la haine, pour l'avoir ressentie et nourrie, j'ai constaté qu'elle s'auto alimentait toute seule, comme s'il suffisait de la laisser germer pour qu'elle devienne incontrôlable, pour qu'elle se meuve en un monstre autonome qui au final ne touche que celui qui la nourrit puisque généralement, celui à qui elle est destinée n'est jamais autant affecté que soi même. J'ai remarqué qu'elle pouvait être une vraie prison, qu'elle occulte toutes les fenêtres et donc tout espoir de voir le jour. Elle soustrait à la vie, tout comme la Peur d'ailleurs. Alors j'ai testé le pardon. Il n'excuse pas, mais il permet de passer au delà et de pouvoir continuer sa vie.

Comme tout le monde j'ai dénoncé les méfaits de la Haine, de l'individualisme et tout ça... comme tout le monde j'ai dit qu'il était temps d'en finir avec les horreurs et qu'il fallait que le monde change! Ah oui, il fallait que le monde change, et vite hein! Mais..(et il m'aura fallu longtemps pour en arriver à ce qui va suivre)... mais je fais partie du monde, si je veux qu'il change je dois aussi commencer par ce qui est à ma portée. Alors j'ai réfléchi et je réfléchis encore avec vous ici. Et j'en suis arrivée à ce constat, contre la Haine, l'Amour. 

Cet amour inconditionnel et sans bavure, aussi pur que celui d'un enfant. C'est difficile de se le représenter n'est ce pas, peut être même que je passe pour une illuminée notoire qui collectionne des images de licorne! Et pourtant... Il suffit d'y croire pour que l'impossible se produise. Parce que si on le veut vraiment, comme l'enfant qui veut vraiment attrapper son doudou à l'autre bout de la pièce va se mettre en marche, nous on peut aussi changer le monde, répondre à la Haine par de la pitié et répandre de l'Amour.

Montrons à nos enfants le chemin de l'Amour, pour qu'ils continuent demain, le formidable travail amorcé et qu'ils ne songent même pas à devenir un jour des terreurs ambulantes qui poussent tout un peuple dans la haine.